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Mon second MOOC chez Coursera

janvier 26, 2013 1 commentaire

Mon second cours en ligne chez Coursera a débuté le 7 janvier, il y a 3 semaines, il ne s’agit donc pas d’un bilan, mais d’un premier compte rendu et,  comme j’ai beaucoup de choses à ajouter à mon précédent post, je commence tout de suite.

Cette fois je me suis inscrite à un cours de Théorie des Jeux (Game Theory) conduit par 3 enseignants, deux de l’Université de Stanford et un de l’Université de Colombie Britannique. Soit deux américains et un canadien.
Quand ils envoient leurs mails, ils signent Kevin, Matt and Yoav et réellement ils sont nettement plus décontractés que mon prof de Pennsylvanie, mais cela doit-être normal vu qu’ils sont tous trois de la côte Ouest.
Pour l’anecdote, les horaires des rendez-vous synchrones et des deadlines sont donnés en temps pacifique (ce qui fait voyager). 9h de décalage avec la France, et pas loin de 12h pour nos collègues bulgares. Heureusement qu’ils changent toutes les semaines l’horaire du rendez-vous synchrone afin de faciliter la participation sous toutes les longitudes.

Avec ce cours je retrouve l’organisation rigoureuse et la qualité pédagogique que j’avais appréciées lors du premier.
L’enseignement est organisé selon le même modèle : 5 à 8 leçons en vidéo par semaine, pas trop longues, très bien expliquées, centrées sur un concept.
La possibilité de télécharger la vidéo au format mp4 et les slides au format pdf.
Quelques quiz par semaines pour vérifier si l’on a compris, et un devoir hebdomadaire pour l’évaluation.

Ce qui est différent :
– c’est donc l’évaluation qui, cette fois ci, se fait au travers des devoirs hebdomadaires (70%) et d’un examen terminal (30%). Comme précédemment une moyenne de 70% est nécessaire pour obtenir le certificat.
On ne peut soumettre ses réponses au devoir hebdomadaire qu’une fois.
Par contre, chaque problème (un devoir est composé de 5 à 10 petits problèmes) est discuté sur un forum dédié, chacun faisant l’objet d’un fil de discussion initié par l’équipe d’animation. Les étudiants échangent sur la manière dont ils comprennent ce problème, sans toutefois donner de réponses. On peut soit signaler une contribution parce qu’elle enfreint le règlement soit voter pour une contribution intéressante (points positifs et points négatifs). Au bout de quelques heures, il suffit de lire les contributions qui ont le plus de points (certains en ont plusieurs centaines).
Voilà qui est bien utile et qui introduit une dose de « social learning » dans le cours.

– L’autre nouveauté (par rapport à mon premier cours) est l’existence de rendez-vous hebdomadaires avec Kevin, Matt and Yoav.
Les trois enseignants créent chaque jeudi un hangout Google+ et on peut demander à y participer. Un hangout est un vidéo chat (ou webconférence) limité à 10 personnes. Au delà des 10 premiers sélectionnés, les quelques milliers d’autres suivent en direct sur Youtube (avec la possibilité de s’exprimer sur le chat écrit).

– Ce qui différe dans les leçons vidéo c’est que la vidéo du prof est incrustée dans la diapo, ce qui est particulièrement vivant. On le voit en taille, assis en train d’écrire sur sa palette graphique tandis que le résultat s’affiche sur l’écran. Aucun des trois ne semble lire un texte, ils nous regardent, se reprennent, tout cela de manière très naturelle, donnant un peu l’impression qu’ils s’adressent vraiment à leur auditoire distant.
Il y a encore moins de slides dans leurs diaporamas et l’essentiel du contenu est transmis grâce à l’oral et aux compléments écrits sur le tableau blanc (TBI).
On peut télécharger en plus les transcriptions (rassurantes) et les sous titres (que je n’utilise pas car cela rajouterait un élément de plus à suivre et le contenu du tableau blanc est largement suffisant).

Est-ce que c’est facile ?
Si l’environnement est facilitant, le sujet, lui, n’est pas tellement facile à appréhender car, en dépit d’exemples concrets extrêmement simplifiés (le dilemne du prisonnier, la bataille des sexes, les deux cochons et le distributeur de nourriture, le gardien et le tireur de penalty, etc.) les concepts mathématiques sont abstraits. Si j’arrive au bout de ce cours avec un résultat honorable, on pourra dire que ce sont d’excellents enseignants !
Ce qui fait le bon Mooc, c’est donc le bon enseignant, soucieux de transmettre son savoir et d’aider ses étudiants à progresser.
Et ceux là donnent l’impression de faire leur maximum pour expliquer à un public composé de dizaines de milliers d’étudiants d’une très grande diversité.
Il paraît que près de 100 000 personnes se sont inscrites à ce cours, et que le jour J nous avons été 40 000 à débuter.

Au delà du cours, Coursera évolue également : ils proposent pour certains cours un certificat qui serait davantage certifié, basé sur un système d’authentification biométrique. Ils proposent également la mise en relation des étudiants coursera qui le souhaitent avec des organismes qui cherchent à recruter.
Toutes les informations un peu générales, je les tiens du blog de coursera : http://blog.coursera.org/
Je ne peux pas vous montrer ni les vidéos en ligne, ni les problèmes, ni les forums, réservés aux étudiants inscrits, mais on trouve sur Youtube les enregistrements des webconférences en ligne.

Sur le blog d’un enseignant, j’ai lu son retour d’expérience : il conseille à ses collègues des « nuggets » de connaissances (c’est à dire de petites portions nous dirions plutôt des contenus en séquences de 5 à 10 mn). Il signale que le dispositif Coursera offre la possibilité de co-évaluation (un étudiant peut noter 5 de ses pairs) mais il semble que ce soit un peu délicat à mettre en oeuvre et pas toujours justifié ou apprécié. Quant aux nuggets de connaissances, dont la taille rejoint ce qui est habituellement conseillé pour une formation à distance, une étudiante s’en plaint : elle écoute les cours en voiture et souhaiterait qu’ils s’enchaînent car il est dangereux en conduisant de passer d’un cours à l’autre sur son smartphone !
Je vous raconterai la suite !

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Mon premier MOOC chez Coursera

Mon premier Mooc fut un cours délivré par un professeur de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie) en anglais donc, of course, comme l’immense majorité des cours gratuits en ligne massivement ouverts (Massive Online Open Course). Je dis mon premier puisque je suis déjà inscrite au second !

Pour répondre à la première question qui ne manque jamais lorsqu’on aborde les Moocs : mais, pourquoi les universités font-elles cela (offrent-elles gratuitement l’enseignement de leurs excellents professeurs – je dis excellents, car leur image étant en jeu, elles ne permettraient pas à des enseignants médiocres de s’exposer ainsi- ) ?
La réponse a été, dans mon cas, donnée à la fin des 6 semaines du cours : la version Coursera du cours est une version condensée,  et l’on est invité, si l’on a aimé, à rejoindre l’Université.

Ce cours en ligne était organisé comme suit : 4 à 6 vidéos par semaine correspondant à des leçons de 10 à 20mn chacune, durant lesquelles l’enseignant explicite 5 à 6 diapositives d’un powerpoint filmé, qu’il surligne, complète, dessine. A cela s’ajoutent quelques liens internet, soit vers wikipédia, soit vers un simulateur en ligne, où vers un article scientifique. On peut télécharger les ppt et les vidéos en mp4.
Ce format de leçon était excellent : pas trop de diapositives, beaucoup d’explications, une durée relativement courte et la possibilité de réécouter.

Pour chaque leçon il y avait un quizz, ce qui faisait entre 4 et 6 quizz d’environ 8 questions, à faire avant l’échéance de la fin de semaine. On avait droit à 2 tentatives pour chacun, le score retenu étant la moyenne des deux. Ce qui incite à ne pas rater la première tentative, donc à bien étudier avec de la tenter.
Il y a eu quelques bugs informatiques d’ailleurs, probablement dû au nombre important de tentatives simultanées en fin de semaines (42000 inscrits dont 22000 ont réellement démarré). Tout ceci était discuté sur le forum et chaque fois un message de l’enseignant nous rassurait : au final il a supprimé pour le calcul de la moyenne les 4 plus mauvaises notes.

Ce dispositif était donc complété par un forum animé par deux assistants du professeur, organisé en 4 fils de discussions : présentations, problèmes techniques, problèmes d’évaluation, questions de contenu.
Le dispositif Coursera offre également un wiki mais celui de mon cours n’était pas utilisé, alors que d’autres étaient très fournis de compléments apportés par les élèves. Ce même wiki sert aussi à signaler des outils de travail collaboratif.

C’était donc un dispositif de cours magistral. Bien entendu il manquait des TD, pour un meilleur apprentissage, notamment la possibilité d’avoir une aide pour comprendre ses erreurs, même si les échanges du forum jouaient parfois ce rôle.
Et, si l’objectif avait été, au delà de la transmission de connaisances, l’acquisition de compétences, il aurait manqué de pouvoir appliquer les lois apprises à un projet particulier (un projet de groupe par exemple) : bien sûr un enseignement tutoré n’est pas un Mooc, à moins qu’une  organisation collective de type réseau social, ne fournisse un accompagnement équivalent.
Il existe certainement, dans Coursera même, des modèles différents, puisque les modalités d’évaluation varient selon les professeurs.

Si je reprends un cours dans quelques semaines, c’est que j’ai apprécié de pouvoir bénéficier de cet environnement d’apprentissage gratuitement, sans qu’il me soit rien demandé d’autre qu’une adresse mail, et de pouvoir suivre des cours qu’il ne me serait jamais possible de suivre autrement. Mon premier Mooc intitulé Networked Life était très intéressant, je vous le recommande.
Mon prochain Mooc sera un cours sur la théorie des jeux, proposé par deux professeurs de Stanford. A suivre donc !

Encore un mot : cela m’a-t-il été facile ? Hé bien non car je ne possédais pas très bien les clés nécessaires pour suivre (anglais et mathématiques, ces dernières surtout) et il m’a fallu du temps et de la discipline pour comprendre. Donc, mais cela paraît évident, ce type d’enseignement s’adresse à des étudiants autonomes, déjà habitués à l’enseignement supérieur (j’ai déjà connu en amphi de ces cours qui vous parlent chinois, et celui de Michael Kearns était plutôt bien expliqué). Au début j’étais comme un joueur qui se lance dans un jeu dont il ne connaît pas toutes les règles et n’a pas toutes les clés, un jeu dont l’intérêt réside d’abord dans cette découverte. C’est peut-être pour cela que j’y ai consacré entre 4 et 6 heures par semaine ! Je n’y avais jamais pensé, mais cette métaphore du jeu explique peut-être ma persévérance !

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