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Archive for décembre 2011

Usages pédagogiques des réseaux sociaux : l’exemple de twitter

Quelles utilisations pédagogiques peut-on faire de Twitter ?

On peut utiliser Twitter avant, pendant, après le cours et en continu pour filtrer l’information avec son réseau.

Qu’est-ce que Twitter ? Qu’est-ce qu’un tweet ?

Twitter est un réseau social informatif, supporté par un service de micro-blogging à présent bien connu. Les utilisateurs de ce service y créent un compte associé à un profil d’utilisateur (voici le mien, par exemple ou celui de la Dtice) et échangent de très courts messages appelés tweets (limités à 140 caractères) bien souvent pour relayer une information.

Avant le cours : pour préparer le cours, les élèves peuvent faire une recherche sur différents mots clés en lien avec le sujet et proposés, par exemple, dans un tweet envoyé par le professeur.

Pendant le cours, si les élèves sont connectés à Internet : tweeter est un moyen de maintenir l’attention, de commenter, d’illustrer et d’enrichir le cours en ajoutant des références en ligne, et, ce faisant, de mieux s’approprier les contenus. Il est courant aujourd’hui d’afficher durant les conférences, un « mur de tweets », reprenant tout ce qui s’échange sur le réseau concernant cet évènement. Cela permet à l’enseignant ou au conférencier de rebondir et s’adapter à son auditoire.

Pour cela, il faut avoir, au préalable, défini la balise qui permettra le repérage et l’affichage des tweets concernant l’évènement. Il revient à l’enseignant de le faire.

Après le cours : les tweets vont compléter et poursuivre la discussion. Le professeur ou le conférencier vont pouvoir y répondre.

On peut aussi utiliser Twitter pour un cours de Géographie comme le fait Laurence juin :

http://wp.me/pu6Gh-1A

(pour les curieux, il s’agit d’un storify, encore un autre média social, inséré dans un article de mon blog)

On peut (et certainement on doit) aussi éduquer aux usages des réseaux sociaux : réfléchir à son identité numérique, sa ligne éditoriale, son réseau…

Les applications sont sans fin pour l’enseignant qui sait se servir des réseaux sociaux.

En continu, que l’on soit enseignant ou élève, twitter permet de faire de la veille ou du moins de filtrer l’information qui nous intéresse, produite ou relayée par des personnes en qui on a confiance, nos contacts. C’est pareil pour les autres réseaux sociaux, sauf que sur twitter, vu la limitation des 140 caractères, il y a peu de bruit autour de l’information essentielle.

Usages de twitter en classe

  1. Voici quelques tweets qui concernent un projet pédaogique : on les repère grâce à la balise #geotweet (que l’on appelle hastag dans le vocabulaire twitter)
  2. @cnaux : Merci à vous d’avoir joué votre rôle de twitnôme concernant le projet #geotweet ! Ce fût un plaisir de faire votre connaissance 🙂
  3. Tweets about #geotweet have reached 3,546 people tweetreach.com/reach?q=#… via @tweetreachapp
  4. Bilan cet après midi de l’activité #geotweet avec mes élèves de @derniereannee3 bit.ly/v5ieOg
  5. Ce dernier tweet permet d’accéder au blog de Laurence Juin (le professeur) : l’adresse du blog http://bit.ly/v5ieOg a été raccourcie (c’est un service offert par twitter pour faire rentrer les longues url dans un message qui ne doit pas dépasser les 140 caractères).

E-Portfolio

ePIC 2011, the 9th international ePortfolio & Identity Conference (http://www.epforum.eu/)

Des différentes interventions auxquelles j’ai assisté (programme consultable ici ) j’ai retenu :

1-Il existe 4 types de e-portfolio (en fonction des objectifs et usages)

Le e-portfolio pour l’apprentissage : le journal de bord de ses apprentissages, servant à reformuler, analyser, faire des résumés, dans une démarche réflexive correspondant à une pédagogie constructiviste /ou socio constructiviste (si commentaires et feedback des pairs)

• Le e-portfolio personnel, pour soi ou ses proches, servant à la construction de son identité, depuis sa naissance à sa mort. Illustré par le phénomène du shoe box story (2 à 3 mn d’enregistrement avec montage multimédia pour dire toute sa vie en montrant quelques photos ou objets) dans la présentation d’Helen Barrett (voir plus loin).

• Le e-portfolio vitrine ou informationnel pour communiquer sur soi (type personal online branding) : entrepôt (qui peut être un site web) d’artifacts (au sens anglais) de type archives multimédia, que l’on sélectionne en fonction des destinataires pour, selon les cas, illustrer son identité personnelle ou son identité professionnelle et témoigner de son employabilité

• Le e-portfolio pour l’évaluation : pour vérifier si les compétences de l’individu sont en adéquation avec ce qui est attendu (vérifier si l’individu possède les compétences correspondant à un diplôme ou un profil de poste) et notamment l’adéquation avec un référentiel. Ce portfolio est une collection de preuves, qui peuvent être attestées /visées (dans un passeport de compétences ou chaque visa atteste d’une capacité) ; dans le cadre d’une pédagogie par objectif ou pour la VAE.

Les présentations ont montré que beaucoup de e-portfolio sont mixtes, par exemple ceux des universités qui sont à la fois pour l’apprentissage et pour l’évaluation, ce qui peut être conflictuel, sans compter qu’on y ajoute parfois l’exposition de soi notamment lorsqu’on a l’ambition qu’il puisse servir tout au long de la vie.

2-La “philosophie” du e-portfolio

Le portfolio c’est l’individu (l’apprenant dans le domaine de la pédagogie) qui se prend en main, choisit ce qu’il y met, ce qu’il montre, ce qu’il veut obtenir etc. ; en opposition (ou en complémentarité) avec les plateformes de formation.

Le e-portfolio sert à la formation tout au long de la vie : pour prendre conscience de ce que l’on sait, planifier ses apprentissages, conduire sa formation tout au long de la vie et apprendre à apprendre (cf Helen Barrett professeur en sciences de l’éducation aux USA)

Le e-portfolio est donc tout particulièrement pertinent pour la formation continue.

Un e-portfolio est web2.0 quand l’outil permet l’interactivité, comme les commentaires, offre la possibilité de publier soit pour tous, soit pour quelques uns, soit de garder privées ses productions, quand il a des fonctions de réseau social comme choisir ses contacts, créer des groupes.

La question de l’évaluation par les pairs a toujours été posée en filigramme, ce qui est normal lorsqu’on s’oriente vers les pratiques web2.0, et ce qui a plusieurs fois amené les questions suivantes :

qu’est-ce qui fait que l’on s’engage dans les réseaux sociaux ? Comment transposer ces facteurs dans les e-portfolios ?

Un e-portfolio est à la fois un processus (collecter, réfléchir, sélectionner, raconter, publier, partager, collaborer) et un produit (le résultat : une vitrine).

Le processus inclut la captation de moments de vie , ce qui est favorisé par la facilité avec laquelle aujourd’hui on peut capter ses expériences à partir de son mobile avec des applications qui permettent de s’enregistrer, photographier, mémoriser etc.)

3-Quelques exemples d’utilisation et des retours d’expérience.

(quelques exemples seulement car avec 130 inscrits d’origine diverse, et 74 présentations organisées en 4 sessions parallèles, il ne m’a pas été possible d’avoir une vision panoramique de tout ce qui a été présenté)

Les japonais de l’université de Toyama :

Dans un programme appelé “civic learning community”, ils ont développé un ePortfolio pour la formation tout au long de la vie et l’évaluation des compétences, destiné à la réorientation ou au retour à l’emploi d’un public adulte.

Il s’agit en effet d’une région ou il y a de moins en moins de jeunes et ou il faut donc faire avec les ressources humaines de la communauté (même problématique en Lorraine ou aux Pays Bas). Pour un plus large impact, ils vont d’ailleurs relier leur e-portfolio à Facebook.

Ce ePortfolio doit pouvoir accompagner les individus depuis l’école primaire et tout au long de leur vie. Ils y racontent tout ce qu’ils ont appris et tout ce qu’ils ont fait.

L’objectif est qu’ils se prennent en main, s’auto-évaluent, planifient leurs apprentissages etc. C’est un processus continu.

Ce e-portfolio débouche sur un e-passeport (ou carte d’identité) de travail (Job card de type CV) ou les compétences sont attestées (visées), par exemple, par les tuteurs.

Pour la partie évaluation ils se réfèrent à des niveaux de compétences qui rappellent un peu ceux du cadre européen de qualification.

En effet comme il s’agit d’évaluer l’employabilité, le ePortfolio japonais, mesure le niveau d’autonomie dans la réalisation d’une tâche :

je ne peux pas la réaliser

je peux un peu la réaliser

je peux la réaliser en entier mais avec un peu d’aide

je peux le faire tout seul

je peux l’apprendre aux autres

ils le font notamment pour des compétences clés comme : planifier (pour atteindre des objectifs), communiquer, collaborer

L’université de Rijeka en Croatie :

utilise un ePortfolio servant à la formation (organisation et publication des productions relatives aux cours, réflexivité) et à l’évaluation. Ce ePortfolio a été ajouté depuis 2 ans à la plateforme de formation utilisée depuis 5 ou 6 ans afin de faire évoluer les pratiques vers les usages du web2.0 (plus de réflexif, plus de collaboratif). C’est la raison pour laquelle ils ont choisi l’outil mahara pour ses fonctionnalités de blog et de réseautage (connexions entre étudiants et création de communautés).

Le ePortfolio de l’étudiant comprend :

– son profil personnel, sorte de CV,

– un ensemble de matériaux en lien avec le cours (planification et objectifs d’apprentissage, une URL vers les cours sur Moodle, des tests, une préparation pour une leçon d’une heure…)

– un journal de bord de type blog avec des réflexions sur les tâches réalisées y compris sur le eportfolio lui-même.

Dans le cadre du cours sur les méthodes des sciences informatiques pour des enseignants en formation continue, les éléments mis dans le eportfolio sont évalués : ils représentent 30% de la note et le eportfolio remplace le partiel. (Le reste de l’évaluation porte sur la réalisation de cartes mentales (20%), les cours sur Moodle (30%), des tests HotPotatoes (20%)).

Les étudiants apprécient ce mode d’évaluation, mais pour le reste, ils préfèrent FB, même si leur ePortfolio permet les échanges avec les professeurs et les pairs.

Université de Clemson aux USA :

La présentation rend compte de 5 ans d’utilisation d’un eportfolio pour l’évaluation des compétences de 14000 étudiants.

Le ePortfolio a pour objectif de montrer aux étudiants que leurs cours sont en connexion avec le monde réel, que ce qu’ils apprennent servira à atteindre leurs objectifs professionnels, de leur permettre de mesurer leurs résultats, évaluer leur progression (ainsi qu’à leurs enseignants). Il y a donc 3 types d’évaluation (sur une échelle de 1 à 4) : par l’étudiant lui même, par ses pairs, par l’université.

La chef de projet conclut : il y a trop de compétences qui ne sont pas toujours comprises par l’étudiant ni même d’ailleurs par l’enseignant. Il faudrait que l’approche par compétences soit mieux intégrée dans le programme et dans les habitudes de l’université.

Elle parle de tension entre l’usage du ePortfolio pour l’évaluation et pour l’apprentissage. Par contre, globalement, les bénéficiaires sont les étudiants qui ont pris le contrôle (d’où les freins au niveau de l’université).

4-Les outils :

on peut faire un ePortfolio avec un outil de blog, un google site, un outil de réseau social, ou bien des logiciels spécifiques dont le plus connu est présenté ci-après.

Par exemple on peut créer un ePortfolio avec les google apps en utilisant Google doc pour la création et l’archivage des documents, Blogger pour le journal de bord réflexif, Google site pour la présentation.

On remarque aussi qu’il est difficile de distinguer au premier coup d’oeil, un logiciel de réseau social (comme Elgg et donc au delà FB) et un logiciel de eportfolio (comme mahara) : sauf à regarder de plus près toutes les fonctionnalités.

Compte tenu de la philosophie qui sous-tend le e-portfolio, il serait d’ailleurs logique de laisser chacun libre de choisir l’outil qu’il préfère.

A condition toutefois que soit réglée la question de l’interopérabilité :

en effet, pour les logiciels de e-portfolio, il reste à écrire des specifications pour décrire la compétence afin que tous les e-portfolio s’y alignent (c’est notamment le rôle du SC36 de l’AFNOR en France).

Quelques outils que j’ai découverts :

Evernote (pour la captation des moments de vie) : application qui organise, dans des “carnets de notes”, des textes édités, des copier-coller, des copies d’écran, des photos, des fichiers vidéo ou audio etc. On peut partager ses carnets de notes. Les contenus sont en ligne (in the cloud) et à chaque connexion, on synchronise l’application avec le site.

On peut aussi y accéder depuis son smartphone.

Mahara : le logiciel libre de ePortfolio (http://mahara.org/ initié par des universités de Nouvelle Zélande d’où son nom qui veut dire pensée ou penser en Maori). Sur la page d’accueil du site on accède à différents exemples qui explicitent notamment la philosophie sur laquelle repose ce logiciel.

Il s’articule avec moodle et bientôt aussi avec les google docs.

Sur l’articulation LMS/eportfolio, un intervenant de HEC Montreal, qui a interconnecté mahara et moodle, a expliqué que, dans leur cas, le e-portfolio n’est pas le coeur du système, c’est le LMS (la plateforme de formation).

Mais chacun apporte ses fonctionnalités :

– le e-portfolio apporte le web2.0, les feedbacks, les groupes, le contrôle par l’étudiant

– le LMS ce sont les cours, les groupes classes, le contrôle par le professeur

On peut tester ce logiciel : http://demo.mahara.org/

Dans un atelier (animé par Don Presant) nous avons testé la nouvelle version 1.4 sur le site : http://foliofor.me/

EmaEval : un gestionnaire d’évaluations développé par la société Pentila, pour l’évaluation, la validation, la certification. Il permet de créer :

– des plan de formation,

– des session ou campagnes d’évaluation,

– choisir un scénario d’évaluation (par exemple : continu, formel ou informel.. ou même évaluation par les pairs, utilisé par exemple pour le c2i.)

Il offre des fonctionnalités de

– notifications, rappels,

– une messagerie (si besoin) pour les échanges entre acteurs (mais prévu pour s’intégrer au SI de l’établissement)

– une base de données de tâches et un référentiel (ou cadre de compétences)

Les acteurs concernés vont du responsable institutionnel au président du jury en passant par le candidat et l’évaluateur bien évidemment.

Par exemple, la plateforme permet au responsable administratif de la formation de créer son plan de formation, et de programmer des campagnes de formation ; au responsable pédagogique de choisir le scénario d’évaluation et de documenter tout le processus (consignes, règlements, modalités d’évaluation, barèmes, conseils de correction etc.) etc.

En fonction des dates, les acteurs sont alertés des échéances et des éléments à compléter ou valider : les étudiants sont alertés des devoirs à rendre, les correcteurs des devoirs à corriger ils peuvent ensuite rentrer leurs notes et leurs feedbacks, les membres du jury sont convoqués etc.

Le logiciel permet au final à l’administration, de récupérer les résultats obtenus par les étudiants aux différents modules, même s’ils datent de plusieurs années, de valider ceux ci (en fonction de l’année d’obtention, des modalités de calcul de la formation concernée etc.) et d’éditer l’attestation de réussite. Intéressant donc pour la formation continue d’adultes qui suivent un parcours de formation à leur rythme.

Ce gestionnaire est très souple et la société qui l’a développé peut l’adapter à tous les cas.

Par exemple, EmaEval est la plateforme d’évaluation des compétences du C2i2e pour l’académie de Grenoble.

le tutoriel proposé en téléchargement donne une vue sur ce logiciel.

Isabelle Gonon, le 17 juillet 2011

Repères : compétence, e-portfolio, identité, numérique, pédagogie, évaluation